Quelles données sont attendues dans le PCE de mercredi ?
L’attention des marchés se concentre sur l’inflation PCE, l’un des principaux indicateurs utilisés par la Réserve fédérale américaine pour suivre les pressions sur les prix. Selon les attentes de Dow Jones, l’indice global et l’indice sous-jacent devraient chacun progresser de 0,3 % sur un mois en août, tandis que les rythmes annuels resteraient à 3,7 % et 3,3 % respectivement. Ce scénario montre que l’inflation reste encore nettement éloignée de l’objectif de 2 % de la Fed.
La série de données s’accompagnera également de révisions techniques rétroactives. Le Bureau of Economic Analysis (BEA) va revoir sa méthodologie de calcul remontant à 2021, notamment sur les postes des services juridiques, des logiciels, des accessoires informatiques et de la gestion de portefeuille. Les estimations de Wall Street indiquent que ces ajustements pourraient réduire le taux annuel du PCE de juillet de 0,2 à 0,3 point, ramenant ainsi le rythme sur 12 mois vers environ 3 %.
Comment les messages des responsables de la Fed influencent-ils la trajectoire des taux ?
Lors de sa réunion de septembre, la Fed a relevé son taux directeur de 0,25 point, portant la fourchette cible à 3,75 % à 4 %. Parmi les 18 membres du Comité fédéral de l’open market ayant communiqué leurs prévisions, seuls deux estiment qu’aucune hausse supplémentaire ne sera nécessaire cette année. Ce constat alimente l’idée qu’une seule publication de données ne suffira probablement pas à faire basculer la banque centrale vers un ton plus accommodant.
Le président de la Fed, Kevin Warsh, a déclaré que l’emploi, les investissements des entreprises et la rentabilité du secteur privé montrent que l’économie reste résiliente. De son côté, le gouverneur de la Fed Michael Barr a estimé que les droits de douane et la guerre prolongée avec l’Iran compliquent le retour de l’inflation vers l’objectif de 2 %, réaffirmant la nécessité d’un durcissement supplémentaire. Le président de la Fed de New York, John Williams, a adopté un ton plus prudent, sans exclure la possibilité d’une nouvelle hausse cette année.
Que regardent les consommateurs et les marchés ?
Malgré des pressions inflationnistes persistantes, l’appétit des consommateurs américains pour les dépenses ne semble pas faiblir. Le marché anticipe une hausse de 0,8 % des dépenses de consommation en août, contre 0,2 % en juillet. La hausse des prix de l’essence y contribue, tandis qu’une demande robuste pourrait conforter l’idée, côté Fed, que les conditions financières ne se sont pas suffisamment resserrées.
Les signaux à surveiller sur les marchés
- Selon Bank of America, les dépenses liées aux cartes de débit et de crédit ont augmenté de 6,9 % sur un an dans la semaine close le 19 septembre.
- Sur la même période, les dépenses d’essence ont bondi de 26,5 %, tandis que les dépenses hors carburant ont également progressé de 5,7 %.
- Sur le marché à terme, une hausse des taux en octobre est déjà largement intégrée, tandis qu’une autre hausse en décembre ou en janvier reste envisageable.
En résumé, même si les révisions passées améliorent légèrement le tableau historique, les dernières données sur l’inflation et les dépenses ne remettent pas en cause les attentes de hausse des taux. Les chiffres publiés mercredi seront donc décisifs, non seulement pour la tendance de l’inflation, mais aussi pour les anticipations des marchés mondiaux sur la trajectoire de la Fed au reste de l’année.
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