Message ferme de l’Iran, prudence mesurée sur les marchés
Le marché pétrolier continue d’intégrer les risques géopolitiques après de nouvelles déclarations relançant les tensions entre l’Iran et les États-Unis. Abbas Araghchi a indiqué que son pays se préparait au scénario d’un conflit majeur avec Washington, sans pour autant fermer totalement la porte à la diplomatie. Le climat de confrontation, maintenu depuis le 28 février, a renforcé les craintes de perturbation de l’offre mondiale d’énergie et de hausse des prix des carburants.
Les autorités de Téhéran ont présenté à Washington plusieurs conditions pour la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise des négociations nucléaires. Selon la partie iranienne, un nouveau processus pourrait être lancé dans un délai de sept jours si ces conditions étaient acceptées, tandis que le président américain Donald Trump aurait rejeté la proposition. Des responsables iraniens ont également indiqué n’avoir reçu aucune réponse officielle à ce stade aux demandes transmises par des médiateurs.
Parmi les points avancés par l’Iran figurent l’arrêt des actions que Téhéran qualifie d’attaques, la fin du blocus maritime, la levée des pressions économiques et la restitution des avoirs iraniens. Téhéran estime que l’impasse actuelle ne peut être surmontée que par la négociation.
Pourquoi les restrictions dans le détroit d’Ormuz pèsent-elles sur l’offre d’énergie ?
Le détroit d’Ormuz constitue un passage stratégique pour les exportations de pétrole et de gaz naturel en provenance du golfe Persique. Pendant la période de confrontation, l’Iran a fortement perturbé le trafic dans ce couloir maritime, provoquant un resserrement des livraisons d’énergie en provenance du Moyen-Orient. Cette situation a ajouté une nouvelle pression à l’inflation mondiale.
- Le risque de restriction des exportations de pétrole et de gaz depuis le golfe Persique s’est accru.
- Une pression haussière s’est exercée sur les coûts des carburants et du transport.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont également affirmé dimanche avoir saisi un véhicule sous-marin autonome américain. L’appareil a été présenté comme un drone sous-marin de type Remus 600. Selon les informations rapportées, le Commandement central américain (CENTCOM) n’a pas réagi rapidement à cette allégation.
Repli hebdomadaire des prix du pétrole
Malgré la poursuite des tensions, la perspective d’un dialogue indirect entre l’Iran et les États-Unis en marge de l’Assemblée générale des Nations unies a entraîné un repli hebdomadaire des prix. Le brut WTI a clôturé la dernière séance de la semaine en baisse de 2,3 %, à 92,41 dollars le baril, tandis que le Brent a reculé de 2,1 % à 104,32 dollars.
Sur la semaine, le brut américain a perdu 7,9 %, alors que le Brent est resté stable. Depuis le début de l’année, le WTI a toutefois progressé d’environ 61 % et le Brent de plus de 71 %. Cela montre que, malgré une baisse à court terme, la prime de risque liée à l’offre d’énergie reste élevée sur le marché.
Dans les prochains jours, les investisseurs suivront surtout l’éventuelle réponse officielle de Washington à Téhéran et la mesure dans laquelle les flux à travers le détroit d’Ormuz pourraient se normaliser. Ces deux sujets devraient peser à la fois sur l’orientation des prix du pétrole et sur les perspectives d’inflation.
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