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Pourquoi le prix du diesel a-t-il atteint un niveau historique ?

Au Royaume-Uni, le prix du diesel a grimpé à 199,33 pence par litre en moyenne. Selon les données du RAC (Automobile Club britannique), ce niveau dépasse l’ancien record de 199,09 pence établi le 25 juin 2022. Cette nouvelle hausse s’explique surtout par la pression exercée sur la production et le transport de pétrole par les conflits au Moyen-Orient.

Le prix de l’essence a lui aussi progressé, à 174,23 pence en moyenne. Ce niveau constitue le plus élevé depuis quatre ans, mais reste inférieur au pic de 191,5 pence observé à l’été 2022. Avant le début de la guerre, le prix moyen de l’essence dans le pays était de 132,83 pence, contre 142,38 pence pour le diesel.

Comment le prix du pétrole brut se répercute-t-il à la pompe ?

Selon les analystes, chaque hausse de 10 dollars du prix du baril se traduit par environ 7 pence de plus à la pompe. Le Brent évoluait un peu au-dessus de 70 dollars avant le conflit, puis a dépassé 120 dollars avec la guerre. En juin, après un accord-cadre conclu entre les États-Unis et l’Iran, les prix étaient retombés autour de 70 dollars ; mais l’échec des discussions a fait repasser le Brent au-dessus de 100 dollars.

  • Les perturbations dans le détroit d’Hormuz ont réduit l’offre mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). En temps normal, environ 20 % des flux mondiaux de pétrole et de GNL transitent par ce passage.
  • La décision de la Russie de suspendre ses exportations de diesel après les attaques ukrainiennes contre des raffineries a également tendu l’offre internationale.

Pourquoi le marché britannique est-il plus vulnérable ?

Le Royaume-Uni dépend fortement des importations pour son approvisionnement en pétrole et en gaz naturel. Une grande partie de ces importations provient des États-Unis et de la Norvège. Comme une partie du pétrole extrait en mer du Nord est envoyée à l’étranger pour être raffinée, les prix des carburants dans le pays restent directement liés aux mouvements des marchés mondiaux.

Une décision venue des États-Unis pourrait encore faire monter les prix

Donald Trump a évoqué la possibilité de restreindre les ventes de diesel américain à l’étranger. Si une telle mesure était adoptée, la pression sur les coûts pourrait s’accentuer au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens dépendants du diesel américain. Par ailleurs, les experts rappellent que les variations du marché de gros ne se répercutent pas immédiatement à la pompe, l’effet apparaissant généralement avec un délai d’environ deux semaines en raison du transport.

Simon Williams : "Pour que les prix baissent, il faut plusieurs semaines de pétrole moins cher."

Les distributeurs de carburants ont rejeté les accusations de profit opportuniste pendant la crise. Le régulateur officiel du marché a indiqué, pour sa part, n’avoir constaté à ce stade aucune preuve d’une modification systématique des stratégies tarifaires des entreprises pour tirer parti de la situation.

Quelles mesures le gouvernement étudie-t-il ?

En mai, le Premier ministre de l’époque, Keir Starmer, avait annoncé le report à la fin décembre de la hausse de 5 pence de la taxe sur les carburants prévue pour septembre. Du côté du Trésor, John Healey a déclaré que les décisions liées à la hausse des prix de l’essence et du diesel seraient examinées dans le cadre du budget de fin octobre, sans donner de détails sur la fiscalité.

Le RAC estime que le gouvernement dispose d’une marge de manœuvre limitée pour mettre fin à la guerre, mais qu’une baisse de la taxe sur les carburants ou de la TVA pourrait alléger la facture intérieure. Le système Fuel Finder mis en place pour les automobilistes permet aussi de comparer les prix des stations-service à l’échelle nationale. Selon les experts, même si le détroit d’Hormuz rouvrait sans encombre, le retour à la normale des livraisons prendrait du temps, ce qui pourrait prolonger l’impact économique du conflit pendant des mois.

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