Pourquoi le G7 a-t-il décidé d’ouvrir ses réserves ?
Le G7 a décidé de mettre sur le marché 100 millions de barils de pétrole et de diesel en l’espace de quatre mois, face au resserrement de l’offre énergétique et à la forte hausse des prix des carburants. Le plan, mis en œuvre sous la coordination de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), prévoit dans sa première phase la libération prioritaire des stocks de diesel.
Cette décision intervient après les pressions de Donald Trump, qui a indiqué que les États-Unis pourraient suspendre leurs exportations de diesel si les pays européens ne relâchaient pas davantage de stocks. Dans leur communiqué commun, les dirigeants du G7 ont également annoncé que les membres s’abstiendraient d’imposer des restrictions à l’exportation de produits énergétiques les uns contre les autres.
Quel a été le premier effet sur les marchés ?
Le Brent a brièvement repassé sous la barre des 100 dollars après l’annonce, avant de remonter vendredi soir à environ 102 dollars. Les inquiétudes persistantes sur l’offre, alimentées par les conflits au Moyen-Orient, ont limité l’effet baissier de la décision de libération des stocks sur les prix.
Selon l’unité d’analyse des matières premières Kpler, l’annonce d’une mise sur le marché de réserves stratégiques en Europe a d’abord fait reculer les prix, mais les informations liées aux tensions entre l’Arabie saoudite et les Houthis au Yémen ont de nouveau soutenu la hausse. Sur le marché, les craintes ne concernaient pas seulement le pétrole brut, mais aussi les flux de produits raffinés.
Pourquoi le diesel est-il jugé plus critique ?
Le diesel est massivement utilisé dans le transport et l’agriculture, ce qui fait que toute hausse de prix se répercute rapidement sur les coûts logistiques et alimentaires. C’est pourquoi le G7 n’a pas seulement décidé d’ouvrir ses réserves : il s’est aussi entendu pour coordonner les calendriers de maintenance des raffineries et accroître la production de diesel dans les pays disposant des capacités nécessaires.
- La libération des réserves sera menée pendant quatre mois sous la coordination de l’AIE.
- Un volume élevé de diesel doit être mis sur le marché dès les 20 premiers jours.
- Les membres ont pris l’engagement de ne pas instaurer d’embargo à l’exportation sur les produits énergétiques entre eux.
Quel impact pour les pays importateurs et les flux commerciaux ?
Le maintien des flux de diesel en provenance des États-Unis est considéré comme un soulagement important pour les marchés dépendants des importations. Au Royaume-Uni, le prix à la pompe a dépassé 2 livres par litre vendredi pour la première fois, alors que plus de la moitié du diesel consommé dans le pays est importée ; 31 % de ces importations viennent des États-Unis.
Les États-Unis figurent parmi les fournisseurs clés du diesel à l’échelle mondiale. D’après les données de l’Administration américaine d’information sur l’énergie, les raffineries du pays produisent environ 4 à 5 millions de barils de diesel par jour ; 3,6 millions de barils sont consommés sur le marché intérieur, tandis que 1,2 à 1,5 million de barils sont exportés.
Quels sont les principaux facteurs de tension sur l’offre ?
La tension sur le marché international du diesel s’est aggravée avec l’affaiblissement des flux de pétrole brut et de produits raffinés vers le marché mondial en raison des conflits au Moyen-Orient. À cela s’ajoute l’interdiction d’exporter du diesel imposée par la Russie après les attaques visant ses raffineries, qui a encore réduit l’offre ; le G7 a par ailleurs indiqué que les sanctions contre Moscou se poursuivraient.
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