La passation chez Apple attire tous les regards des marchés
Apple confie mardi son siège de CEO à John Ternus, cadre maison depuis 25 ans. Il deviendra ainsi le deuxième patron de l’entreprise depuis le départ de Steve Jobs en 2011. Cette transition intervient alors que la stratégie d’Apple en matière d’intelligence artificielle n’est pas encore totalement définie et que les coûts des composants augmentent.
Tim Cook ne quitte pas l’entreprise : il restera président exécutif et continuera d’assumer certaines missions, notamment les relations avec les décideurs publics à l’échelle mondiale. Cette organisation vise à amortir la transition, tout en poussant les investisseurs à surveiller de près l’endroit où se situera, dans les faits, le centre de décision de la nouvelle ère.
Jusqu’ici, Ternus s’est surtout illustré dans le matériel. Mais dans ses nouvelles fonctions, il sera responsable de l’ensemble des opérations du groupe, du logiciel aux appareils, en passant par la finance et le juridique. Pour les marchés, cette prise de fonction n’est donc plus seulement symbolique : elle se rattache directement aux attentes en matière de résultats et de croissance.
Pénurie de mémoire et hausses de prix : quel impact sur les marges ?
L’une des principales pressions financières auxquelles Apple est confrontée vient de la pénurie mondiale de mémoire, alimentée par la forte demande en puces et serveurs pour l’intelligence artificielle. En juin, le groupe a relevé les prix des MacBook et des iPad pour cette raison. Aucune hausse officielle n’a encore été annoncée sur l’iPhone, mais de nombreux analystes estiment qu’elle pourrait intervenir dès les premiers mois du mandat de Ternus.
- Les prix des MacBook et des iPad ont été relevés à cause de la tension sur les puces mémoire.
- Apple a aussi augmenté les tarifs d’Apple TV et de son offre d’abonnement Apple One.
- L’iPhone pliable attendu à l’automne pourrait atteindre 2 500 dollars, selon certaines estimations.
Cette situation relance une question clé : quelle part de la croissance d’Apple viendra des volumes vendus, et quelle part des hausses de prix ? Selon certains analystes, une croissance tirée par les prix peut soutenir le chiffre d’affaires à court terme, mais elle n’est pas durable et pourrait finir par peser aussi sur la demande dans la division des services.
Une action solide, mais des attentes élevées pour le nouveau patron
L’action Apple a gagné environ 17 % depuis le début de 2026. Cette performance s’explique par un cycle matériel solide et par une meilleure position que les concurrents Android face à la pénurie de mémoire. La capitalisation boursière du groupe atteint par ailleurs environ 4,7 billions de dollars.
Le rendez-vous du 9 septembre sera le premier grand test
La première apparition vraiment marquante de Ternus devant un large public d’investisseurs devrait avoir lieu lors de la présentation annuelle d’Apple, le 9 septembre. Le groupe devrait y dévoiler de nouveaux modèles d’iPhone et d’Apple Watch. Au-delà des nouveautés produits, les marchés chercheront aussi des indices sur la feuille de route d’Apple en matière d’intelligence artificielle, de politique tarifaire et de nouvelles catégories d’appareils.
Des signes montrent qu’Apple travaille également sur la maison connectée, les robots et de nouvelles catégories de produits intégrant l’intelligence artificielle. Après les ventes limitées du Vision Pro, les investisseurs observeront de près si, sous la direction de Ternus, Apple parvient à trouver un nouveau relais de croissance.
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