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Le tribunal de Paris rend son verdict

Dans le dossier jugé à Paris, capitale de la France, six passeurs impliqués dans la tragédie de la Manche ont été condamnés. Au terme d’un procès de quatre semaines, les prévenus ont écopé de peines de prison allant de 6 à 10 ans. Sept autres accusés ont été condamnés à des peines pouvant aller jusqu’à quatre ans pour des infractions moins graves, tandis qu’un prévenu a été acquitté.

Selon le dossier du tribunal, l’embarcation a quitté les côtes françaises le matin du 24 novembre 2021 avant d’envoyer un appel à l’aide aux garde-côtes français et britanniques, puis a coulé peu après. Le naufrage a fait 31 morts parmi les migrants, dont un enfant de 7 ans. La plupart des victimes étaient des Kurdes d’Irak, aux côtés de Kurdes afghans, égyptiens et iraniens; seuls deux hommes ont survécu.

Qu’a retenu la cour ?

Au cours des débats, les éléments mettant en cause l’aptitude du bateau à naviguer ont pesé lourd. L’acte d’accusation indiquait que l’embarcation était de mauvaise qualité, non certifiée, impropre à la navigation et surchargée, et qu’elle ne disposait pas de gilets de sauvetage adaptés pour les passagers.

Le tribunal a conclu que deux réseaux distincts avaient travaillé ensemble pour organiser la traversée. L’un était composé de Kurdes d’Irak, l’autre d’Afghans; ils ont agi de concert pour acheminer les migrants jusqu’au point de rendez-vous et organiser la traversée maritime.

  • Le bateau a été jugé impropre à une navigation en sécurité.
  • L’absence de gilets de sauvetage adaptés a constitué un élément important du dossier.

Déclarations des familles et du survivant

Au début du procès, certains membres de familles venus du Kurdistan irakien ont également assisté aux audiences. Les familles ont expliqué que leurs proches avaient voyagé via la Turquie, l’Italie puis la France, et ont indiqué avoir versé un acompte sur un compte bancaire au Kurdistan irakien au cours de ce parcours.

Le témoignage d’Issa Omar, l’un des deux survivants, a été lu à la cour par son avocat. Il a été indiqué qu’Omar n’avait pas trouvé la force de comparaître en raison du traumatisme subi après le drame; il a survécu en s’agrippant à un gilet de sauvetage et à des corps flottants pour rester à la surface.

Enquêtes et autres développements

La police a remonté la piste des membres des deux réseaux grâce aux relevés de téléphonie. Bashdar, présenté comme le chef du réseau kurde irakien, n’était pas accusé dans cette affaire; il a été placé en détention en Irak. Son proche collaborateur, Harem Ahmed Abawaker, a été condamné à 8 ans de prison.

La peine la plus lourde, soit 10 ans, a été infligée à Obaidullah Maroofkhel, présenté comme le responsable du réseau afghan. Maroofkhel et un autre accusé ont été jugés par contumace. La plupart des prévenus ayant comparu libres, le tribunal a délivré six mandats d’arrêt après le verdict.

Par ailleurs, une enquête distincte se poursuit contre sept membres des forces armées françaises, accusés de ne pas avoir répondu aux appels de détresse la nuit de la tragédie. Une décision sur l’éventuelle ouverture d’un procès devrait intervenir dans les prochains mois pour ces personnes, en poste dans un centre régional de secours en mer ou à bord d’un navire de la marine.

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