Pourquoi l’arme retrouvée dans le lac est-elle importante ?
Le pistolet Luger retrouvé dans le lac d’Annecy est considéré comme une nouvelle piste concrète dans le meurtre de la famille al-Hilli, resté non résolu en France depuis 2012. L’unité française des affaires classées, chargée des cold cases, a confirmé que l’arme sortie de l’eau à proximité des lieux avait été intégrée à l’enquête.
Jusqu’ici, l’un des rares éléments établis dans l’affaire est que Saad al-Hilli, son épouse, sa belle-mère et un cycliste de passage ont été abattus d’une balle dans la tête, et que l’arme utilisée était un Luger P06. Cette conclusion avait été tirée grâce à des fragments de la crosse retrouvés sur place ; ce modèle aurait été utilisé dans l’armée suisse jusqu’aux environs de 1960.
Où l’arme a-t-elle été retrouvée ?
Selon le magazine Marianne, l’arme a été découverte le 20 août par des touristes britanniques, à environ deux mètres de profondeur dans le lac. Les touristes ont d’abord pris l’objet pour un pistolet à eau, avant de comprendre, en sentant son poids, qu’il s’agissait d’une véritable arme.
La découverte aurait eu lieu non loin du camping Le Solitaire du Lac, où la famille avait séjourné en caravane. Les experts judiciaires tentent de déterminer si l’arme, fortement détériorée après être restée sous l’eau, est bien un modèle P06.
Que s’est-il passé en 2012 ?
Saad al-Hilli, citoyen britannique né en Irak, passait des vacances avec sa famille autour du lac d’Annecy, dans l’est de la France. Le 5 septembre 2012 en début d’après-midi, les corps de Saad al-Hilli, de son épouse et de sa belle-mère ont été retrouvés dans leur véhicule, dont le moteur tournait encore, sur une route forestière près du village de Chevaline.
- Saad al-Hilli, son épouse et sa belle-mère ont été retrouvés morts dans la voiture.
- Un cycliste de passage a également été tué d’une balle dans la tête, comme les autres victimes.
Les deux filles du couple ont survécu à l’attaque. La fillette de sept ans a été blessée à la tête par la crosse du pistolet, tandis que la petite fille de quatre ans, cachée sous la jupe de sa mère, n’a été découverte qu’au moment où les techniciens de scène de crime ont commencé leur travail.
Quelles hypothèses restent sur la table ?
Les enquêtes menées pendant des années en France et au Royaume-Uni n’ont pas permis d’établir qui a commis l’attaque, ni pourquoi. Parmi les pistes étudiées figuraient un différend financier au sein de la famille, une agression gratuite et la possibilité que le cycliste ait été la cible initiale.
Pourquoi le Luger P06 attire-t-il l’attention ?
Le P06, dont la production est estimée à environ 60 000 exemplaires, est aujourd’hui davantage considéré comme une arme de collection. La proximité du lac d’Annecy avec la frontière suisse, à environ 50 kilomètres, renforce l’idée que ce type d’arme a pu être conservé de part et d’autre de la frontière par des familles.
Si la production totale des Luger est estimée à environ 3 millions d’exemplaires, les experts attendent désormais les résultats des analyses judiciaires pour déterminer si l’arme retrouvée est directement liée au dossier. L’enquête avait déjà brièvement examiné un autre élément : la mort, d’une crise cardiaque, du premier mari américain de l’épouse d’al-Hilli, survenue quelques heures avant les meurtres en France.
"""
Commentaires (0)
Aucun commentaire. Soyez le premier.
Écrire un commentaire