Comment l’incident du vol Dubaï-Tel Aviv s’est-il déroulé ?

Les accusations visant le copilote du vol FZ1073 exploité mercredi dernier par Flydubai sont au centre de l’enquête menée aux Émirats arabes unis et en Israël. Le parquet des Émirats arabes unis a indiqué qu’une tentative d’« acte terroriste » avait été commise à bord de l’appareil reliant Dubaï à Tel Aviv.

Selon les autorités chargées de l’enquête, le copilote aurait attaqué le commandant de bord avec la hache de secours présente dans le cockpit, le blessant. Le suspect a ensuite été maîtrisé par des passagers, avant qu’un autre membre d’équipage, qui voyageait comme passager, ne pose l’avion en Arabie saoudite.

Quelles sont les principales allégations dans l’enquête ?

D’après des informations publiées dans la presse américaine et israélienne, le suspect aurait expliqué lors de son interrogatoire qu’il avait prévu d’entrer dans l’espace aérien israélien comme pour un vol normal, d’obtenir l’autorisation d’atterrir, puis de percuter l’aéroport Ben Gourion ou un gratte-ciel du centre de Tel Aviv. Au moment des faits, l’appareil, un Boeing 737 MAX, transportait plus de 180 passagers, selon ces mêmes sources.

Ces mêmes sources avancent que le suspect aurait pu agir seul, plutôt que dans le cadre d’une structure organisée. Le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahou, a également déclaré que le commandant de bord, les passagers et un deuxième membre d’équipage avaient empêché une catastrophe majeure.

Autre allégation relayée par la presse : le copilote aurait déjà envisagé une tentative similaire lors d’un précédent vol vers Tel Aviv, mais y aurait renoncé en raison de la présence à bord d’une personne qu’il connaissait. Les autorités émiraties et israéliennes n’ont pas réagi immédiatement à ces affirmations précises.

Contrôles de sécurité et débat institutionnel

Pourquoi le processus de recrutement est-il remis en cause ?

Le procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Al-Chamsi, a indiqué que l’enquête établirait l’ensemble des circonstances, les motivations et d’éventuels liens, et que ses conclusions seraient rendues publiques une fois le dossier clos. Après l’incident, la manière dont le suspect a été recruté par Flydubai et autorisé à opérer des vols vers Tel Aviv a suscité la controverse.

  • Selon des responsables régionaux, le suspect avait déjà été retiré des fonctions de vol chez Oman Air en raison d’idées extrémistes, puis affecté à un poste administratif.
  • Ces mêmes responsables ont estimé que les contrôles de sécurité standard appliqués par Flydubai n’incluaient pas un examen suffisamment approfondi des signes de radicalisation.

Quelles institutions sont au centre des critiques en Israël ?

Des responsables régionaux cités par Associated Press ont indiqué que les autorités des Émirats arabes unis avaient transmis à Israël la liste des passagers et de l’équipage avant le départ du FZ1073. Toutefois, le Shin Bet a renvoyé la responsabilité de l’examen de ces listes au ministère des Transports ; la ministre des Transports, Miri Regev, a affirmé pour sa part que le contrôle de sécurité des compagnies aériennes étrangères relevait du Shin Bet et du Mossad.

Netanyahou a demandé au président du Conseil de sécurité nationale de revoir tous les aspects liés à la sécurité des vols civils étrangers à destination d’Israël. Par ailleurs, les autorités australiennes examinent aussi les liens éventuels du suspect avec ce pays ; selon la presse locale, le copilote y aurait suivi une formation entre 2015 et 2017.