Les chiffres du premier trimestre dépassent les attentes
L’économie indienne a progressé de 7,8 % au premier trimestre de l’exercice financier clos fin juin. Cette donnée officielle dépasse le consensus du marché, qui tablait sur 7,1 %, et confirme la résilience de la demande intérieure et des services.
Le rythme de croissance est resté identique à celui enregistré au trimestre précédent, également en hausse de 7,8 %. Publiées lundi, les données montrent que la progression est restée limitée dans l’agriculture et les activités connexes, tandis qu’un rebond net a été observé dans l’industrie manufacturière et les services.
Quels secteurs ont porté la croissance ?
Le ministère indien des Statistiques et de la Mise en œuvre des programmes a indiqué que certains segments des services se sont particulièrement distingués au premier trimestre. Les principaux moteurs de la croissance ont été :
- les services financiers
- les activités immobilières
- les technologies de l’information
- les services professionnels
Ce tableau montre que, malgré la faiblesse de l’agriculture, l’économie a conservé son dynamisme grâce à une base plus large d’activités de services et industrielles. Le regain de vigueur du secteur manufacturier laisse aussi entendre que la croissance ne repose pas uniquement sur les services.
Que disent les indicateurs à haute fréquence ?
Selon Aastha Gudwani, cheffe économiste Inde chez Barclays, la guerre en Iran n’a pas exercé, au départ, de pression aussi marquée sur la croissance que redouté. Sur les 20 indicateurs à haute fréquence suivis par l’établissement, seuls sept ont montré un ralentissement par rapport au trimestre précédent, en moyenne sur la période avril-juin ; la demande des consommateurs, les ventes automobiles et la croissance du crédit sont, elles, restées solides.
Les risques : inflation, énergie et mousson
La Banque de réserve de l’Inde (RBI, banque centrale indienne) a indiqué au début du mois, dans son évaluation, que l’économie restait résiliente face aux incertitudes géopolitiques, tout en prévenant que la croissance devrait ralentir sur l’ensemble de l’exercice. La banque prévoit une hausse de 7,0 % pour le trimestre clos en juin et de 6,7 % pour l’ensemble de l’exercice qui se terminera en mars.
Selon la RBI, l’environnement mondial volatil, les prix élevés de l’énergie et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement continuent de peser sur l’activité intérieure. Par ailleurs, des conditions El Niño susceptibles d’affaiblir ou de rendre irrégulière la mousson du sud-ouest pourraient créer un risque baissier pour l’agriculture et la demande rurale.
La pression sur les coûts de l’énergie se répercute aussi sur les prix. En Inde, l’inflation a accéléré en juillet pour le neuvième mois consécutif, à 4,45 % ; malgré cela, la RBI n’a pas relevé ses taux lors de sa réunion d’août, contrairement à certaines banques centrales asiatiques.
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