Pourquoi les collectivités font-elles marche arrière ?
Le projet de taxe touristique revient sur le devant de la scène au pays de Galles, sur fond de positions divergentes des autorités locales. Le conseil d’Anglesey a pour l’instant rejeté sa mise en œuvre, au motif que le secteur touristique est déjà sous pression; Gwynedd et Conwy ont, eux, repoussé leur décision. Selon le gouvernement gallois, Cardiff est à ce stade la seule collectivité locale qui semble la plus proche d’appliquer cette taxe en 2027.
Le dispositif préparé par le gouvernement gallois donne aux collectivités le pouvoir de prélever un montant fixe par personne et par nuitée. Les recettes sont destinées à financer les services touristiques, les infrastructures, les équipements utilisés par les visiteurs et la promotion de la langue galloise. Les collectivités pourront aussi, si elles le souhaitent, lancer plus tard une consultation pour un montant plus élevé et fixer un nouveau tarif en le signalant au moins 12 mois à l’avance.
Comment les tarifs et les exonérations seront-ils fixés ?
Si la loi entre en vigueur, les nuitées seront taxées différemment selon le type d’hébergement :
- 75 pence + TVA : auberges de jeunesse, chambres partagées et emplacements de camping
- 1,30 livre sterling + TVA : la plupart des autres types d’hébergement
Les séjours de plus de 31 nuits, les personnes contraintes à un hébergement temporaire et celles accueillies dans des structures pour sans-abri seront exonérées de la taxe.
Pourquoi les experts plaident-ils pour un modèle plus flexible ?
Le Dr Linda Osti estime que le modèle actuel au pays de Galles pourrait ne pas produire les mêmes effets partout, car il repose sur un tarif unique à l’échelle du comté. Selon cette enseignante-chercheuse à l’université de Bangor, Eryri, Porthmadog, Cardiff et les destinations côtières n’ont pas le même profil de visiteurs; dès lors, fixer la taxe, les exonérations et le périmètre d’application à une échelle plus fine pourrait réduire la pression sur la demande touristique.
Linda Osti souligne aussi que les entreprises touristiques s’inquiètent de la manière dont les recettes fiscales seront utilisées. À l’inverse, le fait qu’en Angleterre les maires régionaux disposent d’un pouvoir de taxation sur les nuitées sans plafond a nourri l’espoir d’un cadre plus souple pour les taux et les exceptions.
Pourquoi Cardiff est-elle traitée à part ?
Cardiff apparaît, selon l’experte, comme un marché plus résistant à une hausse de prix, en raison du poids des déplacements professionnels et des courts séjours urbains. Dans la capitale, la taxe doit s’appliquer à partir du 28 septembre pour les réservations couvrant le 1er avril 2027 et après.
Les principales inquiétudes sur l’impact du marché
Les consultations locales montrent aussi un secteur divisé. À Anglesey, la consultation a réuni plus de 2.000 personnes, avec des inquiétudes sur une possible perte de compétitivité de l’île comme destination de vacances et sur la hausse du coût pour les visiteurs. À Gwynedd, quelque 7.000 réponses ont, selon les autorités, nécessité une analyse complémentaire; les premiers résultats font apparaître davantage de soutien parmi les habitants, mais plus d’opposition chez les visiteurs et les entreprises.
À Conwy aussi, les élus ont reporté leur décision, redoutant une baisse des réservations, une réduction de la durée des séjours et un recul des dépenses des visiteurs. En revanche, certaines entreprises estiment que la taxe pourrait être nécessaire pour couvrir des coûts liés aux routes, aux parkings et à la gestion des déchets pendant les périodes de forte affluence.
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