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Pourquoi le dispositif a-t-il pris fin ?

Le pilote de renvoi des migrants entre le Royaume-Uni et la France prévoyait que certains demandeurs d’asile arrivés en petites embarcations par la Manche soient renvoyés en France, tandis qu’un nombre équivalent de personnes jugées fondées à rejoindre la Grande-Bretagne depuis la France étaient accueillies. Le gouvernement britannique a indiqué qu’aucun nouveau dossier ne serait désormais traité dans ce cadre.

Selon la BBC, les autorités de Londres, tout en souhaitant prolonger le dispositif, ont estimé que le programme n’avait pas atteint l’échelle attendue. Depuis son lancement, le nombre de personnes renvoyées en France est resté limité à environ 1 500.

Un porte-parole du Home Office (ministère britannique de l’Intérieur) a indiqué que certains vols se poursuivraient dans les prochaines semaines et que les efforts visant à renvoyer plus rapidement les migrants arrivés en petite embarcation et n’ayant pas le droit de rester au Royaume-Uni seraient intensifiés. Le ministère français de l’Intérieur a, de son côté, annoncé que les deux parties discutaient des conditions de sortie de l’accord.

Les traversées de la Manche reculent, mais les risques demeurent

Entre le 1er janvier et le 27 septembre 2026, 19 135 personnes ont traversé la Manche depuis la France à bord de petites embarcations. Ce chiffre est en baisse de 42 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Malgré ce recul, les petites embarcations restent, depuis 2020, le mode d’entrée irrégulière le plus fréquemment identifié au Royaume-Uni. Presque toutes les personnes arrivées par ce biais déposent une demande d’asile et peuvent rester dans le pays pendant l’examen de leur dossier, conformément au droit international.

Que montrent les chiffres ?

  • Entre juillet 2025 et juin 2026, les arrivées en petite embarcation ont représenté 40 % de l’ensemble des demandes d’asile.
  • Entre le 28 septembre 2025 et le 27 septembre 2026, les bateaux arrivés au Royaume-Uni transportaient en moyenne 67 personnes, soit plus du double du niveau observé en 2021.
  • Selon les données de l’ONU, au moins 84 personnes ont perdu la vie en 2024 lors de tentatives de traversée de la Manche.

Des experts soulignent que la surpopulation à bord rend ces traversées encore plus dangereuses. Le gouvernement, lui, affirme vouloir réduire ces départs en visant les réseaux de passeurs derrière ces traversées.

Quelles difficultés Londres a-t-il mises en avant ?

La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood avait reconnu début octobre que le plan posait plusieurs difficultés opérationnelles. Elle avait expliqué qu’il était difficile de faire passer à l’échelle du système français un très grand nombre de renvois chaque semaine.

Le gouvernement soutient toutefois que le pilote a pu exercer un effet dissuasif sur certains migrants. Selon les autorités, l’ONU et d’autres organisations ont signalé que certaines personnes n’avaient pas embarqué dans des petites embarcations en raison de la possibilité d’être acceptées dans le cadre du dispositif.

Les données montrent que les ressortissants érythréens ont représenté 18 % de toutes les arrivées sur la période de juillet 2025 à juin 2026. Par ailleurs, entre janvier et décembre 2025, au moins 2 335 personnes arrivées en petites embarcations ont été considérées comme des victimes potentielles de la traite des êtres humains ou de l’esclavage moderne.

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