"""

Quelles données montrent l’impact de la préparation financière ?

Selon des spécialistes, la planification financière dans le cancer est devenue un outil essentiel pour réduire le risque de toxicité financière lié au coût élevé des traitements. Les éléments rapportés aux États-Unis montrent qu’un budget, une couverture d’assurance et un plan de revenus établis dans les quelques semaines précédant les soins peuvent influencer à la fois la qualité de vie et le déroulement du parcours de soins.

Le National Cancer Institute, l’organisme public américain de référence en cancérologie, définit la toxicité financière comme la pression économique lourde que subissent les patients et leurs familles en raison des frais de soins. Dans une étude pilote citée dans l’article, parmi 107 patients traités pour un cancer du sang, ceux ayant bénéficié d’une planification complète présentaient une meilleure qualité de vie mentale et physique ; il a également été observé que, dans les groupes à haut risque et chez les patients confrontés à une toxicité financière, ceux ayant reçu une intervention de planification financière avaient une probabilité de décès pendant le traitement inférieure de 56 %.

Pourquoi la planification précoce est-elle jugée cruciale ?

La Dr Carolyn McClanahan souligne que les quelques semaines entre le diagnostic et le début du traitement constituent la période la plus importante pour s’organiser. À ce stade, si les congés payés sont épuisés, il est recommandé d’examiner des options comme le Family and Medical Leave Act (FMLA), une loi américaine sur les congés familiaux et médicaux, puis la poursuite de l’assurance santé dans le cadre de COBRA, le dispositif américain de maintien temporaire de la couverture après la perte d’un emploi.

Selon les experts, les outils financiers à envisager dès le départ sont les suivants :

  • Lancer sans tarder les demandes d’assurance invalidité pour les frais médicaux.
  • Déclarer ligne par ligne dans la déclaration d’impôts les dépenses payées de sa poche, comme les trajets vers le centre de traitement.
  • Étudier la possibilité de retraits anticipés sans pénalité depuis des comptes IRA pour des dépenses de santé dépassant le seuil de 7,5 % du revenu brut ajusté.
  • Examiner les prestations d’invalidité de la Sécurité sociale ainsi que le programme compassionate allowance, qui accélère certaines demandes pour des maladies graves.

La hausse chez les patients plus jeunes accentue la pression budgétaire

Selon les données du Memorial Sloan Kettering Cancer Center, l’incidence de plusieurs cancers — dont les cancers colorectal, du sein, de la prostate, de l’utérus, de l’estomac et du pancréas — est en hausse dans le monde chez les moins de 50 ans. Cette tendance pousse des personnes à s’éloigner du marché du travail au moment où elles atteignent normalement leur plus haut niveau de revenus et d’épargne, tout en créant, même pour les assurés, une forte pression de dépenses directes dès les premiers jours.

Jon Dauphiné, directeur général de la Foundation for Financial Planning, a raconté que, malgré une bonne couverture, il avait dépensé plus de 1.000 dollars de sa poche dès la première semaine de son propre traitement. Il a été indiqué que l’organisation a apporté depuis 2018 un soutien à la planification financière à 3.500 patients atteints de cancer grâce à près de 700.000 dollars de subventions via des programmes partenaires.

Les conseillers examinent aussi le budget du foyer et la succession

Les planificateurs financiers cités dans l’article précisent que l’accompagnement ne se limite pas au budget mensuel : il inclut aussi la priorisation des comptes, les mots de passe d’accès numérique, les procurations et les directives anticipées de soins, qui sont réorganisés si nécessaire. Ils soulignent que, lorsque la capacité de décision diminue pendant le traitement, les proches peuvent prendre de mauvaises décisions susceptibles d’alourdir inutilement les coûts, d’où l’importance de mettre à jour les documents de représentation et le plan successoral.

Les employeurs peuvent également intervenir dans certains cas. Dans un exemple donné par McClanahan, une assurance-vie collective souscrite après l’embauche a permis à un salarié diagnostiqué avec un cancer terminal d’accéder à une couverture d’assurance-vie de 50.000 dollars.

"""