L’accord de 18 milliards de dollars conclu par Meta a remis au premier plan le débat sur la sécurité des enfants sur les réseaux sociaux aux États-Unis, tandis que les nouvelles restrictions d’utilisation annoncées par l’entreprise ont été accueillies avec un soutien prudent par les familles. Les mesures, qui concernent Instagram, Facebook et WhatsApp, visent à réduire le temps passé sur la plateforme par les jeunes utilisateurs et à limiter certains outils d’interaction.
Des parents interrogés par la BBC ont estimé que ces règles constituent un bon début, tout en jugeant leur impact probablement limité sur le long terme. Leur inquiétude commune est que les effets des réseaux sociaux sur les enfants ne peuvent pas être résolus par les seules mesures prises par une entreprise.
Parmi les changements annoncés par Meta figurent une limite quotidienne de 2 heures d’utilisation, la suppression de l’affichage du nombre de mentions « j’aime » sous les publications, le retrait de la lecture automatique des vidéos, la mise en sourdine des notifications instantanées pendant les heures d’école et l’interdiction des filtres de maquillage excessifs. L’entreprise a également indiqué qu’elle mettrait à jour son processus de vérification de l’âge et ses outils de contrôle parental, et qu’elle nommerait un auditeur indépendant chargé de suivre la mise en œuvre et le maintien des applications.
L’accord fait suite à l’élargissement d’une action en justice intentée contre Meta pour des accusations de préjudice causé aux enfants, lancée en 2023 par 29 États. Le dernier accord couvre 48 États, ainsi que le District de Columbia et trois territoires américains. Dans le dossier, l’entreprise était accusée d’avoir conçu ses plateformes de manière à créer une dépendance et d’avoir induit en erreur sur les risques. Le texte de l’accord n’inclut toutefois aucune reconnaissance de faute.
Sur le plan financier, le paiement de 18 milliards de dollars est considéré comme un seuil important, révélant l’ampleur des risques judiciaires liés à la sécurité des enfants dans le secteur technologique. Le fait que Meta ait conditionné 5 milliards de dollars de l’accord à la participation d’autres plateformes concurrentes, comme YouTube et TikTok, à des accords similaires a ravivé les débats sur la concurrence et la régulation. L’entreprise a par ailleurs indiqué que, si d’autres plateformes adoptaient des limitations comparables, elle réduirait la limite quotidienne à 1 heure.
Une grande partie des parents soulignent qu’en pratique, il est aussi difficile de tenir complètement les enfants à l’écart des réseaux sociaux. Certains reconnaissent que ces nouvelles règles peuvent apaiser les tensions à la maison, mais estiment que les filtres dopés à l’intelligence artificielle et les nouveaux outils de création de contenu permettront de contourner rapidement ces restrictions.
Ce contexte renforce l’idée que, non seulement pour Meta mais pour l’ensemble du secteur des réseaux sociaux, les coûts de mise en conformité devraient augmenter et les contrôles se durcir. L’accord conclu aux États-Unis laisse penser que la pression sur les plateformes numériques pourrait s’intensifier, en particulier sur leurs modèles économiques, leurs pratiques de collecte de données et la conception de leurs produits lorsqu’il s’agit d’enfants utilisateurs.
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