La pression vendeuse s’intensifie après les comptes de Build-A-Bear
L’action Build-A-Bear a perdu 18 % dans les premiers échanges jeudi 27 août. Les résultats du deuxième trimestre publiés par ce spécialiste américain du commerce de détail sont ressortis en dessous des attentes du marché, tandis que la direction a revu à la baisse ses prévisions annuelles pour la deuxième fois de l’année. Après plusieurs années de forte progression, le titre a ainsi brutalement changé de trajectoire.
Des chiffres du deuxième trimestre sous les attentes
Le chiffre d’affaires de la société a reculé de 7 % sur un an, à 115,3 millions de dollars. Les analystes tablaient sur 120,8 millions de dollars. Le bénéfice net est passé de 12,4 millions de dollars un an plus tôt à 8,8 millions de dollars, tandis que le bénéfice par action a glissé de 0,94 dollar à 0,70 dollar.
- La prévision de ventes annuelles a été ramenée de 530 à 550 millions de dollars à 500 à 525 millions de dollars.
- La prévision de bénéfice avant impôt a elle aussi été abaissée, de 72 à 78 millions de dollars à 60 à 68 millions de dollars.
Le PDG Chris Hurt a indiqué que les résultats du deuxième trimestre avaient déçu les attentes et que certaines opportunités de ventes en gros pourraient se concrétiser plus tard que prévu. Cette communication a ravivé les inquiétudes selon lesquelles la faiblesse de la demande pourrait ne pas se limiter à un seul trimestre.
La chute du titre efface aussi une partie des gains à long terme
Le titre BBW recule de 46 % depuis le début de l’année 2026. En juin 2025, le groupe affichait encore un rendement de 4 658 % sur cinq ans, dépassant même Nvidia, mais ce gain cumulé sur cinq ans est désormais tombé à 122 %.
Le contraste avec Nvidia s’est inversé
Sur la même période, Nvidia a évolué dans une direction différente grâce à des fondamentaux particulièrement solides. Le groupe a porté son chiffre d’affaires à 96,2 milliards de dollars et a communiqué une prévision de croissance de 70 % de son revenu pour l’exercice 2028 ; son action a également gagné environ 6 % ce jour-là. Avec un rendement sur cinq ans supérieur à 800 %, Nvidia a rendu la pression vendeuse sur Build-A-Bear encore plus visible.
Le remaniement de direction et les coûts pèsent sur le dossier
Le départ de Sharon Price John en juin a ouvert une période de transition au sommet de l’entreprise. Build-A-Bear a indiqué que David Henderson, directeur de la croissance, avait quitté ses fonctions sans que les raisons de ce départ soient précisées, et qu’un paiement de plus de 32 millions de dollars serait versé à l’occasion de cette séparation. Ces mouvements au sein de la direction interviennent alors que la fréquentation des magasins ralentit dans un contexte d’incertitude économique.
- L’entreprise anticipe cette année 10 à 11 millions de dollars de droits de douane.
- Une partie de cet impact devrait être compensée par un remboursement d’impôts d’environ 13 millions de dollars.
Dans le commerce de détail, certains concurrents plus importants ont affiché une meilleure résistance sur la même période. Dollar General a annoncé une hausse de 3,5 % de ses ventes à périmètre comparable, tandis que l’action Target a progressé de 66 % sur un an. Le modèle de Build-A-Bear, centré sur les jouets expérientiels et dépendant de la consommation discrétionnaire, la rend plus vulnérable dans un environnement où la confiance des consommateurs reste à 49,5.
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