Le débat sur les sanctions s’intensifie avant l’approbation de Rosebank
La décision attendue du Royaume-Uni concernant le champ pétrolier de Rosebank, au large des Shetland, alimente un débat qui dépasse la seule question de l’offre énergétique. Des militants écologistes et le chef du Parti vert, Zack Polanski, demandent de clarifier si le lien israélien du projet entre en contradiction avec les mesures annoncées par le gouvernement contre les colonies illégales en Cisjordanie.
Selon une lettre consultée par la BBC, des représentants de Stop Rosebank et de Greenpeace, avec le soutien d’Uplift, ont saisi Andy Burnham et Ed Miliband. Le camp des militants veut que Londres précise sans ambiguïté si les sanctions annoncées le mois dernier s’appliqueront à Delek Group en raison de sa participation indirecte à Rosebank.
Que disent la structure du partenariat et l’équation économique ?
Au centre de la controverse se trouve Ithaca Energy, contrôlée par Delek Group. Cotée à la Bourse de Londres et intégrée au FTSE 100, Ithaca Energy détient une part de 20 % dans le projet Rosebank.
Delek Group figurait l’an dernier dans la base de données des Nations unies parmi les entreprises accusées de fournir des services ou des infrastructures aux colonies dans les territoires palestiniens occupés. Dans une déclaration au Daily Telegraph, l’entreprise a assuré n’avoir désormais aucun lien avec les colonies israéliennes et avoir été ajoutée par erreur à cette base de données.
- Les mesures annoncées le mois dernier par le Royaume-Uni prévoient des sanctions contre les entreprises et les personnes qui soutiennent l’expansion des colonies.
- Le nouveau cadre comprend aussi l’interdiction d’importer des produits issus de colonies illégales.
Les entreprises insistent sur l’investissement et les recettes
Ithaca Energy affirme respecter des standards élevés de gouvernance d’entreprise, tout en se présentant comme un important investisseur en mer du Nord et en Écosse. La société souligne aussi sa contribution au Trésor britannique via ses impôts et son rôle dans la sécurité énergétique du pays.
Les répercussions politiques et internationales de la décision sont scrutées
Rosebank avait été approuvé en 2023 par le précédent gouvernement conservateur. Mais cette validation a été annulée par la justice à la suite d’un recours déposé par des militants, dont Uplift, ce qui a retardé le dossier.
La nouvelle décision devrait être examinée par la ministre de l’Énergie, Miatta Fahnbulleh, en même temps que le champ gazier de Jackdaw, à l’est d’Aberdeen. L’issue du processus est suivie de près par les marchés et le secteur énergétique, car elle dira jusqu’où le Royaume-Uni est prêt à aller dans l’octroi de nouvelles licences de forage dans le cadre de ses autorisations actuelles en mer du Nord.
Le dossier a aussi une dimension diplomatique. La manière dont le gouvernement appliquera ses sanctions contre la Cisjordanie, ainsi que la pression américaine en faveur d’une hausse de la production en mer du Nord, font de Rosebank un sujet à la croisée des investissements énergétiques et des risques géopolitiques.
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