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Nouvel appel à manifester dans tout le pays mardi

Les protestations scolaires en France passent à une nouvelle étape avec l’appel à une mobilisation nationale mardi. Selon les organisateurs, des blocages ont eu lieu dans des centaines d’établissements au cours de la dernière semaine, faisant au moins 190 élèves blessés et plus de 5.000 interpellations.

Parmi les principaux organisateurs, Union Syndicale Lycéenne (USL), le syndicat lycéen, estime que le gouvernement n’a pris aucune mesure concrète pour répondre aux revendications et appelle ses partisans à descendre dans la rue. Le syndicat enseignant SNES-FSU a lui aussi demandé à ses adhérents de participer aux manifestations de mardi.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a indiqué que le gouvernement avait annoncé des mesures pour répondre aux difficultés des élèves et des personnels de l’éducation. Mais l’USL juge que ces annonces ne contiennent « rien de concret » et met en avant une impasse politique ainsi qu’une pression accrue.

Quels problèmes les élèves mettent-ils en avant ?

Le mouvement a commencé en septembre à Paris avant de s’étendre à l’ensemble du pays. D’abord lancé par des lycéens, il a ensuite été rejoint par des étudiants de l’enseignement supérieur.

  • Classes surchargées et bâtiments scolaires dégradés
  • Manque d’enseignants et demande de davantage d’investissements dans l’éducation

Dimanche, Lecornu a annoncé une série de mesures destinées à répondre aux difficultés rencontrées par les élèves du secondaire et le personnel éducatif, promettant des changements visibles dans les écoles. Il a toutefois insisté sur le fait qu’aucune violence ne serait tolérée.

Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a déclaré que 24 établissements avaient été incendiés et pillés depuis le début des manifestations. Des poubelles ont également été incendiées dans différentes régions du pays.

Blessures et interpellations attisent la controverse politique

Les heurts entre police et élèves pendant les manifestations ont également provoqué de graves blessures. Lundi, à Lens, dans le nord du pays, un élève de 15 ans a eu la main arrachée lors d’incidents survenus près d’un établissement scolaire ; les autorités ont indiqué que ses jours n’étaient pas en danger.

La semaine dernière, à Saint-Ouen-l'Aumône, un garçon de 14 ans, Eden, a été touché à la tête par une cartouche de gaz lacrymogène et a souffert d’une double fracture de la mâchoire. Selon son avocat, l’élève a subi une lourde opération.

D’après les données du ministère français de la Justice, 5.060 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement ; 87 % d’entre elles sont des mineurs et 13 % des adultes. Par ailleurs, 14 personnes ont été placées en détention provisoire et des poursuites ont été engagées contre 1.802 autres.

L’USL affirme que la police a fait preuve d’un usage disproportionné de la force, tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez soutient que les interventions ont été parfaitement proportionnées. Jean-Luc Mélenchon, le chef de La France insoumise, a apporté son soutien aux manifestations, tandis que le gouvernement et des responsables d’extrême droite imputent la montée de la mobilisation à l’extrême gauche. Marine Le Pen, la dirigeante du Rassemblement national, a appelé à une nouvelle « loi anti-insurrection », tandis que le maire de Marseille, Benoît Payan, a jugé les inquiétudes des jeunes légitimes, tout en estimant qu’elles doivent s’exprimer dans le calme.

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