Quelle est la situation à Ekurhuleni ?
Les meurtres de femmes à Ekurhuleni ont ravivé l’inquiétude dans tout le pays après la découverte des corps de 12 femmes en l’espace de deux mois dans cette zone située à l’est de Johannesburg. La police sud-africaine affirme que des suspects ont été arrêtés dans trois dossiers, mais elle n’a pas établi de lien entre toutes les affaires ; elle précise toutefois qu’elle n’écarte pas encore l’hypothèse d’un tueur en série.
Selon la police, les trois derniers corps ont été retrouvés entre samedi et lundi matin. Le secteur de Kempton Park se trouve au centre des inquiétudes. La première affaire remonte au 15 juillet 2026, lorsque le corps de Busisiwe Mahlangu, 37 ans, a été retrouvé les mains attachées avec un serre-câble ; dans ce dossier, un suspect présenté comme son partenaire a été placé en garde à vue deux jours plus tard.
Quelles affaires ont marqué l’opinion publique ?
Dans les semaines qui ont suivi, les corps de plusieurs femmes, dont Itumeleng Kekana, Nomfesane Mjobo, Gracious Nkomo et Elizabeth Moselakgomo, ont été découverts dans le même secteur ou dans d’autres zones d’Ekurhuleni. Le 12 septembre, la mort d’Elizabeth Moselakgomo, 38 ans, retrouvée après des recherches à l’échelle nationale, a fortement accru l’alerte autour de possibles affaires en série. Dans de nombreux cas, les victimes ont été retrouvées partiellement ou totalement dénudées, et des traces de coups ont été relevées sur certaines d’entre elles.
L’une des affaires les plus récentes concerne Boitumelo Gift Mashita, 23 ans, qui a été abattue à Tembisa alors qu’elle se rendait au travail ; ses effets personnels auraient également été emportés. La police a indiqué que l’homme dont elle était séparée et qu’elle tenait pour responsable avait ensuite été retrouvé mort dans sa voiture à Midrand, précisant que ce décès n’avait pas pu être relié aux autres découvertes de corps.
Quelles mesures ont été prises dans l’enquête ?
Selon le bilan communiqué par les autorités, plusieurs dossiers ont déjà donné lieu à des mesures concrètes :
- Dans l’affaire Jabulile Ntimba, deux femmes sont jugées pour meurtre avec préméditation et entrave au cours de la justice ; un suspect masculin a été relâché faute de preuves suffisantes.
- Après la découverte du corps de Ntombifuthi Nxumalo dans un cimetière, un homme de 36 ans a été arrêté pour meurtre.
La police sud-africaine a créé une unité spéciale pour examiner les dossiers d’Ekurhuleni et a annoncé une récompense de 400.000 rands pour toute information menant à une arrestation. Elle a également indiqué qu’il n’était pas encore établi si la mort d’une jeune femme retrouvée le 20 septembre, enveloppée dans une couette dans un barrage de Soweto, était liée à ces affaires.
Que disent les chiffres ?
Le président Cyril Ramaphosa a qualifié les meurtres de femmes de
"tache sur notre conscience nationale". Entre avril et juin, 5.427 personnes ont été tuées dans le pays, tandis que la Commission sud-africaine des droits de l’homme a indiqué que 569 femmes avaient perdu la vie sur la même période. Ces données montrent qu’en moyenne six femmes sont tuées chaque jour en Afrique du Sud et expliquent l’ampleur de l’émotion suscitée par les dossiers d’Ekurhuleni. """
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