Ramaphosa lance une riposte d’urgence à l’échelle nationale
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé un nouveau plan pour assainir les zones à haut risque dans tout le pays et combler les failles de sécurité, après la découverte des corps de 12 femmes au cours des deux derniers mois dans une zone à l’est de Johannesburg. Reconnaissant que l’État n’a pas été suffisamment efficace pour protéger les femmes et les filles, Ramaphosa a indiqué qu’un processus d’intervention d’urgence national, pluridisciplinaire, allait être lancé.
Ces affaires ont suscité une vive indignation dans le pays, confronté à l’ampleur des violences faites aux femmes. Dans l’enquête, 4 suspects ont été arrêtés, et Ramaphosa a précisé que la police n’avait, à ce stade, trouvé aucun élément montrant que les meurtres avaient été commis par un seul auteur.
Les municipalités sommées d’auditer la sécurité des femmes
Dans le cadre du nouveau plan, chaque municipalité a été invitée à lancer sans délai un audit de la sécurité des femmes. L’objectif est d’identifier les conditions physiques et environnementales qui exposent les femmes au danger et d’assurer une intervention rapide dans ces zones.
- Éclairage public défectueux et zones sombres
- Espaces publics mal entretenus ou envahis par les herbes
- Bâtiments abandonnés
- Itinéraires et infrastructures de transport peu sûrs
- Parcs insuffisamment protégés
Ramaphosa a souligné que ces audits ne devaient pas être perçus comme un simple contrôle technique, mais comme une mesure concrète pour réduire les risques auxquels les femmes sont confrontées au quotidien. L’approche du gouvernement vise à ne pas limiter la sécurité à la seule action policière, en mettant aussi en avant la responsabilité des autorités locales.
La violence liée à l’alcool et les attitudes sociales visées
Le président a également indiqué qu’un plan d’action serait présenté afin de réduire les agressions liées à l’alcool, dans le but de faire reculer les violences contre les femmes. Ramaphosa a déclaré que l’alcool n’excuse pas la violence, mais qu’il doit être considéré comme un facteur important aggravant les agressions interpersonnelles.
Il a aussi estimé que le problème ne pouvait pas être résolu uniquement par la police et la loi, ajoutant qu’il fallait changer les mentalités qui dévalorisent les femmes et alimentent l’idée que les hommes auraient un droit de contrôle sur elles. Appelant les hommes et les garçons à prendre davantage de responsabilités dans ce combat, Ramaphosa a affirmé que la réponse ne pouvait pas consister à restreindre la liberté des femmes.
Des chiffres qui illustrent l’ampleur du problème
L’Afrique du Sud figure parmi les pays affichant les taux d’homicides les plus élevés au monde. Selon les données de la police, 5.427 personnes ont été tuées dans le pays entre avril et juin cette année.
La Commission sud-africaine des droits humains a indiqué, pour la même période, que 569 femmes avaient été tuées et que 1.052 autres avaient survécu à une tentative de meurtre. Si les statistiques officielles de la police ne distinguent pas les victimes par sexe, ces chiffres remettent une nouvelle fois en lumière l’ampleur des violences mortelles faites aux femmes dans le pays.
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