Feu vert provisoire de la Cour suprême à un projet de 400 millions de dollars
La Cour suprême des États-Unis a autorisé la poursuite de la construction du projet de salon de la Maison-Blanche voulu par le président Donald Trump. Dans une décision très partagée rendue lundi, la majorité des cinq juges a estimé que le National Trust for Historic Preservation in the United States, l’organisation à l’origine du recours, ne parviendrait vraisemblablement pas à établir sa qualité pour agir afin de faire suspendre le projet.
Cette décision empêche la mise en pause du projet, dont la valeur est estimée à 400 millions de dollars, dans l’attente de l’issue de la procédure. En revanche, l’avis majoritaire, non signé, n’a pas tranché la question de savoir si Trump avait le pouvoir de faire construire cet édifice sans l’approbation du Congrès, un point qui reste ouvert dans le dossier.
Quels sont les enjeux financiers et juridiques du dossier ?
La Cour a examiné la recevabilité du recours
La majorité a jugé que la déclaration de Alison Hoagland, membre de la fondation, selon laquelle ses visites périodiques dans le quartier la conduiraient à voir le salon achevé et lui causeraient un préjudice, pourrait ne pas suffire à établir la qualité pour agir. La Cour a souligné qu’un simple mécontentement, un désaccord ou une opposition d’ordre esthétique ne répondent pas nécessairement, au regard de la Constitution américaine, au critère d’un préjudice concret et personnel.
La question de l’aval du Congrès est restée sans réponse
Le président de la Cour, John Roberts, ainsi que les trois juges libéraux, ont exprimé leur dissidence. Roberts a soutenu que le Congrès interdit la construction de bâtiments sur des biens fédéraux sans autorisation explicite, ajoutant que le nouveau salon serait érigé sur le site de President's Park, dans le district de Columbia.
- La majorité a estimé que la qualité pour agir des plaignants pouvait être insuffisante.
- Les juges dissidents ont au contraire affirmé que l’exécutif ne pouvait pas poursuivre le projet sans autorisation explicite du Congrès.
État des travaux et suite de la procédure
La suspension provisoire a de facto pris fin
La semaine dernière, Roberts avait déjà suspendu à titre temporaire une décision d’un juge de tribunal de district américain qui bloquait les travaux pendant toute la durée de la procédure. Cette mesure devait laisser à la Cour suprême le temps d’examiner s’il fallait prolonger l’arrêt des travaux ; avec la décision rendue, la poursuite du chantier est désormais ouverte.
Les principaux éléments du projet
Dans l’opinion dissidente, il est indiqué que l’aile Est a été démolie pour faire place à un nouveau salon de réception financé par des fonds privés, et que le chantier avance rapidement depuis près d’un an. L’affaire met donc en jeu non seulement la protection du patrimoine, mais aussi les limites du pouvoir sur les biens fédéraux et la mise en œuvre d’un modèle de projet public financé par des fonds privés.
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