Les origines de Kırkpınar et la portée du festival
Le Kırkpınar yağlı güreş n’est pas seulement une rencontre sportive : c’est une tradition vivante, avec ses rites, son langage et son costume. Selon la légende, tout aurait commencé en 1346, lors de combats menés par 40 soldats placés sous le commandement de Süleyman Paşa pendant la campagne de Roumélie ; les documents de l’UNESCO soulignent eux aussi que cette tradition est née au XIVe siècle en Roumélie.
L’UNESCO a inscrit le Festival de lutte à l’huile de Kırkpınar, le 16 novembre 2010, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette inscription offre un cadre de protection qui ne concerne pas seulement l’aspect compétitif de l’événement, mais aussi la musique, les prières, les formules d’adresse et la culture du public transmises de génération en génération.
Que signifient le peşrev, la prière du cazgır et le davul-zurna ?
Le peşrev observé au début de la lutte à l’huile est considéré comme un ensemble de pas rituels exprimant le respect du lutteur à la fois pour son adversaire et pour le public. La prière du cazgır et l’accompagnement du davul-zurna figurent parmi les éléments qui transforment le combat en cérémonie, bien au-delà d’une simple compétition sportive.
Comment comprendre le kispet, l’huile et les catégories de pehlivan ?
À la question kispet nedir, la réponse simple est qu’il s’agit du vêtement traditionnel en cuir du lutteur, porté de la taille aux genoux. L’huile appliquée sur le corps rend les prises plus difficiles et modifie le combat technique ; l’équilibre, la prise et le timing deviennent alors décisifs dans cette discipline.
Les combats se disputent dans des catégories de boy, établies en fonction de l’âge, du poids et de l’expérience. Les principales catégories traditionnelles sont les suivantes :
- Deste : l’une des appellations utilisées pour les catégories de formation situées dans les niveaux inférieurs.
- Orta : désigne les catégories intermédiaires où l’expérience et les aptitudes physiques se dessinent davantage.
- Başaltı : considéré comme le seuil solide d’accès au plus haut niveau.
- Baş : la catégorie suprême, celle dans laquelle se dispute le titre de başpehlivan.
Le titre de başpehlivan est l’un des symboles les plus visibles de Kırkpınar. L’objectif principal des combats est de prendre l’avantage technique sur l’adversaire ; l’évaluation, elle, se fait selon les arbitres et les règles en vigueur.
À qui revient le ceinturon d’or et comment le conserver ?
Le système du ceinturon d’or a été instauré pour la première fois en 1960 par la municipalité d’Edirne, et le premier vainqueur fut İbrahim Karabacak. Fabriqué en or 22 carats, le ceinturon est remis au lutteur sacré başpehlivan pour une durée d’un an.
Pour en devenir propriétaire à titre définitif, il faut remporter le titre de başpehlivan trois années consécutives. À ce titre, le ceinturon d’or symbolise moins une victoire ponctuelle qu’une régularité et la capacité à rester au sommet.
Un exemple marquant dans l’histoire de Kırkpınar
Ahmet Taşçı a remporté deux fois le ceinturon de manière définitive, après avoir été başpehlivan trois années d’affilée entre 1990 et 1992, puis entre 1995 et 1997. Cette performance montre aussi pourquoi, dans la tradition d’Edirne Kırkpınar, le ceinturon d’or n’est pas seulement une récompense, mais également un symbole historique de prestige.
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